La cathédrale de Chartres - lumière et réflexion

La cathédrale de Chartres - lumière et réflexion

La cathédrale de Chartres

 lumière et réflexion


Située à 80 kilomètres au sud-ouest de Paris, la cathédrale de Chartres, majestueuse et sereine, s’élève au sommet d’une colline de la ville haute de Chartres. Plusieurs fois détruite et restaurée au fil des siècles, elle présente des styles architecturaux différents, aussi bien roman que gothique. La virtuosité de l’art chartrain du vitrail a eu un rayonnement dans le monde entier : la cathédrale possède encore trois des plus anciens vitraux au monde. Au Moyen Âge, les sculptures extérieures étaient revêtues de couleurs vives, des rouges, des bleus, des dorés, des verts, tout était peint. Aux XVIe et XVIIe siècles, la mode n’étant plus à la peinture, les couleurs ont été nettoyées. De nos jours, grâce au projet « Chartres en lumière », d’avril à octobre, chaque soir, on peut voir l’aspect originel de la cathédrale, éclatante de couleurs dès la nuit tombée.


 

Le labyrinthe, un parcours de vie

La première chose que les gens découvrent lorsqu’ils entrent dans la cathédrale par le grand portail est un labyrinthe tracé au sol. Ce labyrinthe fait le même diamètre que la rosace. Les 272 pierres blanches représentent le nombre de jours entre l’Annonciation et la naissance de Jésus : pour les femmes, comme pour la Vierge Marie, c’est le nombre de jours de grossesse. Les pèlerins faisaient ce parcours de vie sur les genoux en priant. Dans la vie, comme dans un labyrinthe, les moments compliqués se suivent, il faut tourner, tourner, pour finalement tous aboutir au même endroit. Parcourir le labyrinthe, c’est recevoir une leçon de tolérance : dans un labyrinthe, nul ne sait qui est devant, qui est derrière. Parfois, on a l’impression que la personne est devant soi, alors qu’en fait, elle est derrière. Parcourir le labyrinthe, c’est aussi apprendre à respecter les autres, les rythmes des autres : si la personne devant soi ne va pas vite, on sera bien obligé d’attendre ! C’est ça, le labyrinthe, c’est un parcours de vie, un parcours de tolérance. Nul ne connaît son destin, mais nous savons qu’au bout, c’est la même chose pour tout le monde.

 

Les vitraux racontent l’histoire divine

Au Moyen Âge, les prêtres utilisaient les vitraux pour expliquer l’histoire aux voyageurs. C’est ainsi qu’ils donnaient leurs cours de catéchisme ! Certes, les voyageurs allaient à la messe, mais beaucoup ne savaient pas lire. Les images les aidaient donc à comprendre.

La cathédrale de Chartres compte 2600 m² de vitraux et 172 verrières. Dans ces 172 verrières, 3 vitraux datent du XIIe siècle. Le bleu de ces vitraux comparé au bleu des autres sur les côtés est différent. En effet, au XIIe siècle, les maîtres verriers utilisaient du cobalt pour faire le bleu. Le bleu réalisé avec du cobalt donnait un bleu absolument limpide. Plus tard, au XIIIe siècle, l’art gothique permettant de percer de nombreuses ouvertures, de nombreux vitraux ont été réalisés mais le cobalt étant un peu cher, l’utilisation du manganèse s’est popularisée.

Quand on lit un vitrail on élève son esprit, c’est donc toujours du bas vers le haut qu’il faut le lire. À droite, il y a souvent beaucoup de carrés, à gauche, beaucoup de cercles : le carré, c’est le monde terrestre ; le cercle, c’est le monde céleste : on a deux symboles, on passe du nord au sud, du monde terrestre au monde céleste. Le bleu est souvent le symbole de la pureté, Marie est souvent habillée en bleu. Le rouge c’est la passion, la souffrance ; le vert, la couleur de l’espérance.

 

La rosace du portail ouest est la plus ancienne de la cathédrale. De l’intérieur, elle ressemble à une roue qui s’épanouit en fleur : douze petites rosaces s’épanouissent autour de douze pétales. Le Christ en gloire apparaît au centre de la rosace.

Sous la rosace, à gauche, un vitrail en lancette présente la généalogie de Jésus : l’arbre de Jessé. On y voit les racines de Jésus, son origine, son arbre généalogique. Du ventre de l’ancêtre allongé en bas du vitrail pousse un arbre, et à chaque branche figure un ancêtre de Jésus. Tout en haut, c’est Jésus lui-même.

 

Dans la lancette au centre qui évoque l’enfance et la vie publique de Jésus, on remarque des carrés et des cercles. Ce vitrail, c’est le vitrail de l’« Incarnation » : Jésus, le fils de Dieu, s’est incarné sur terre, de là, les carrés et les cercles. Dans le carré en bas à gauche, on voit deux personnages sur fond rouge : un ange aux ailes vertes – l’archange Gabriel - et Marie. En Europe chrétienne, le vert est le symbole de l’espérance. Ici, l’ange apporte un message d’espoir, il annonce à Marie qu’elle va avoir un enfant. Marie se rend ensuite chez sa cousine Elisabeth et lui dit qu’elle attend un enfant. Elisabeth lui répond : « Moi aussi ». Elles sont enceintes toutes les deux. Dans le médaillon suivant figure la Nativité.

Le troisième vitrail en lancette à droite sous la rosace retrace la Passion du Christ. Le dernier repas est représenté au deuxième niveau. Le personnage devant la table, c’est Juda, il a déjà été mis à l’écart. Au 4ème niveau, la Crucifixion. La croix verte, symbole d’espoir, annonce la résurrection. Tout en haut, Jésus se montre à deux disciples : il est ressuscité.

 

À travers ces histoires illustrées par les vitraux, on peut ressentir la ferveur et la sincérité des artisans lorsqu’ils peignaient et travaillaient sur leurs œuvres. Ils ont choisi les meilleurs matériaux, les plus belles couleurs, utilisé le meilleur de leur savoir-faire pour glorifier les divinités, c’est très émouvant. À l’époque, les gens étaient très croyants, ils offraient des vitraux pour montrer leur dévotion. En bas de nombreux vitraux figurent les donateurs, souvent représentés exerçant leur métier. Ici un homme est en train de travailler, à ses pieds il y a comme des bottes blanches. Il s’agit d’un cordonnier, dont la position était très en vue à l’époque. Les cordonniers, qui étaient riches, ont même offert deux vitraux à la cathédrale. Des tailleurs de pierre, des marchands de vin, des porteurs d’eau... presque tous les métiers de la ville ont offert des vitraux.

 

Les sculptures des portails

Le portail ouest est composé de trois portes. Au centre, le Portail royal représente la manifestation de Dieu aux hommes. Le Christ au centre du tympan trône en majesté. Il est entouré des quatre symboles représentant les quatre évangélistes : le lion pour Marc, l’ange pour Mathieu, le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean. Sous le Christ, au linteau, sont représentés les douze apôtres. Le tympan est décoré par trois arcs, des « voussures », sur lesquels figurent les 24 Vieillards de l’Apocalypse et des anges.

Le tympan du portail de gauche représente l’Ascension, la montéede Jésus au ciel. Les sculptures sur les voussures autour du tympan représentent les travaux des mois et les signes du zodiaque : à chaque mois correspond une activité et un signe du zodiaque. Sous le signe du Scorpion par exemple, on tuait le cochon pour faire les jambons et les saucisses pour passer l’hiver. En dessous du Capricorne, vous avez un personnage à deux têtes, un homme jeune et un vieil homme, c’est le mois de janvier, la vieille année qui s’en va, la nouvelle qui commence ; aumois de janvier on découpe une sorte de pain, c’est la galette de rois.

 

Le portail sud est lui aussi composé de trois portes : la porte de gauche est la porte des martyrs, la porte de droite celle des confesseurs. Le portail central est le portail du Jugement dernier. Le Christ « enseignant » occupe le trumeau du portail central. Au tympan, de part et d’autre du Christ, Saint Jean et Marie intercèdent pour l’humanité. Au linteau et au premier niveau des voussures se développent le cortège des élus et le cortège des damnés. À gauche, des gens souriants, heureux, gentils, sont en train de prier. Les anges les emmènentau paradis, même les enfants morts partent avecles anges. À droite, des gens à l’air malheureux sont tirés par des diables qui les emmènent en enfer. C’est le moment de la mort, le moment de la pesée des âmes, les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. Dans les arcades à droite, des diables emmènent des femmes, des seigneurs, il y en a même un qui emmène une femme nue sur ses épaules. Là, un seigneur qui a volé de l’argent est emporté, avec sa bourse, par le diable.

 

Au Moyen Âge, les pèlerins arrivaient à pied à la cathédrale. Comme ils marchaient beaucoup, la première chose qu’ils faisaient lorsqu’ils arrivaient à Chartres était de faire ressemeler leurs chaussures. Il y avait une rue pour les cordonniers. Rue de l’Échange, il y avait l’échangeur de monnaie. À l’époque, dans toutes les villes du royaume, les monnaies étaient différentes, on avait besoin de peser la monnaie pour avoir une monnaie locale. C’est seulement sous François Ier, au XVIe siècle, qu’on a unifié la monnaie. La façade de la Maison du Saumon est décorée de sculptures en bois. On y voit « l’Annonciation », « la truie qui file » à l’angle, Saint Michel terrassant le dragon… « La truie qui file » représente une truie en train de filer la laine, mais comme elle a de grosses pattes, elle n’y arrive pas, une façon comme une autre de rappeler aux voyageurs de ne surtout jamais faire ce pour quoi on n’est pas fait.

À travers ces histoires racontées ou illustrées, nous avons beaucoup appris. Il y a toujours matière à réflexion lorsque l’on se promène à Chartres, que ce soit en posant son regard sur une sculpture ou la façade d’une maison, que l’on déchiffre les histoires racontées dans la pierre ou dans le verre ou que l’on admire la transparence d’un vitrail.          

 


 

 
 
 
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